L’étang de la Horre en assec !

Etang de la Horre en assec
CENCA
28 Juin 2019

Pourquoi n’y a-t-il plus d’eau dans l’Etang de la Horre en ce moment ? Certains auront peut-être été étonnés de faire ce constat cette année. En effet depuis cet hiver, l’étang de la Horre est maintenu en assec. Il s’agit d’une pratique courante dans la région et très ancienne, déjà mise en place à l’époque du Moyen-Age. La mise en assec d’un étang a plusieurs objectifs :

  • Limiter l’envasement : lors des assecs, un phénomène de minéralisation des vases se produit, cela signifie qu’elles se transforment en « terre » ;
  • Réaliser un certain nombre de travaux d’entretien de l’étang et des ouvrages hydrauliques : un curage des poêles et des chenaux de vidange sera réalisé et permettra de pérenniser les activités de pisciculture traditionnelle dans des conditions optimales. Des travaux sur la végétation seront également mis en œuvre. Quelques hectares de saulaies seront éliminés afin de limiter leur développement au détriment des roselières et quelques hectares de roselières seront broyés afin de diversifier leur structure ;
  • Lutter contre certaines espèces exotiques envahissantes aquatiques : certaines espèces ont été introduites (intentionnellement ou non) en dehors de leur aire de répartition naturelle et causent d’importantes perturbations des écosystèmes d’accueil. C’est le cas du Pseudorasbora parva, un poisson d’origine asiatique, présent dans l’étang de la Horre et vecteur d’un parasite susceptible d’infecter plusieurs espèces locales telle que l’Able de Heckel, la Carpe, le Gardon et la Brème. Le seul moyen de lutte efficace contre cette espèce exotique est la mise en assec.

Le dernier assec à l’Etang de la Horre datait de 1991. L’absence d’assecs réguliers ces 30 dernières années a entrainé une importante détérioration de la qualité de l’eau dont de récentes analyses font état. Ainsi chaque été des phénomènes de mortalité piscicole ont pu être observés, principalement dus au manque d’oxygène combiné à l’élévation de la température. De tels épisodes ont été constatés dernièrement dans une poche d’eau résiduelle. Le manque d’entretien et l’envasement n’ont en effet pas permis de pêcher en totalité l’étang avant sa mise en assec, ni d’effectuer correctement des pêches de sauvegarde. L’assec et les travaux de cette année permettront de limiter au maximum cette mortalité estivale à l’avenir.

La remise en eau de l’étang est prévue pour cet automne/hiver 2019.

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