Les Syrphes, ce qu'ils nous disent de la forêt

Caliprobola speciosa © Colette Seignez
29 Janvier 2018

En 2015, le Conservatoire se lançait dans l’étude des Syrphes de la Réserve Naturelle de Chalmessin. L’objectif ? Etablir un diagnostic écologique des habitats forestiers, et en particulier pouvoir suivre l’évolution de la naturalité forestière de cette forêt qui est pour moitié laisser en libre évolution, et pour l’autre moitié gérée en futaie irrégulière pour la production de bois. Il se trouve en effet que ces mouches sont considérées comme d’excellents indicateurs de l’intégrité écologique des espaces naturels, et en particulier de la maturité forestière.

Après 3 années d’études et une petite centaine d’espèces observées, il était temps d’analyser les données et de présenter les résultats de ce diagnostic. L’intégralité de ce rapport est téléchargeable ici.

En quelques mots, l’étude de ces Syrphes, grâce à la méthode Syrph the Net, développée notamment dans le réseau des Réserves Naturelles, montre que la forêt de la RNN de Chalmessin est en bonne intégrité écologique mais qu’elle n’a pas atteint son optimum en terme de maturité (la forêt vieillit mais est encore jeune). L’analyse Syrph the Net met en particulier en évidence des manques liés aux gros et très gros arbres sénescents (= dépérissant) et aux microhabitats associés (caries, dégâts d’insectes, coulées de sève,lésions...). Si l’intégrité écologique est considérée comme bonne à excellente pour les gros arbres morts tombés, il ressort un déficit de gros bois morts debout.

Il est intéressant de noter que ces résultats sont en parfaite concordance avec d’autres études menées sur la Réserve Naturelle, notamment le suivi des arbres et du bois mort (via le Protocole de Suivi Dendrométrique des Réserves Forestières) et le suivi des oiseaux nicheurs. Il paraît essentiel que l’ensemble des suivis mis en place sur les forêts du site (suivi dendrométrique, oiseaux, coléoptères saproxyliques, champignons…etc.) perdurent dans le temps. A terme, cela devrait permettre d’établir des corrélations entre les divers paramètres suivis : volumes de bois morts (avec distinction au sol/debout, gros bois ou non), part de Gros Bois et Très Gros Bois, densité par hectare de tel ou tel dendromicrohabitats, intégrité écologique « Syrph the Net »…etc. C’est aussi le rôle d’une Réserve Naturelle de contribuer à la connaissance en matière de naturalité forestière et à sa prise en compte dans la gestion de nos forêts.

A noter dans vos agendas : le 8 avril 2018, « Les Syrphes et la forêt », une sortie nature pour découvrir les espaces forestiers de la Réserve naturelle et tenter d’observer ces drôles de mouches…  

 

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