L’élevage en faveur de la biodiversité

CENCA
1 Décembre 2020

Cette activité installée depuis le Néolithique a pour objectif premier l’alimentation (viande, puis produits laitiers), ensuite à se vêtir grâce à la laine ou au cuir. A cette époque, « rien ne se perd, tout se transforme » car os, dents ou autres étaient utilisés pour confectionner des outils.

Après un défrichement, le pâturage s’implante sur des milieux secs (pelouses) à humides (marais). Le premier est avantagé lors des périodes hivernales à vernales et le second lors de la période estivale durant laquelle le marais est plus accessible pour le bétail. L’avantage du pâturage est qu’il s’adapte sur des sites avec des problèmes d’accès et/ou des conditions difficiles.

L’élevage a permis à une flore et une faune adaptées aux milieux ouverts de s’implanter et donc d’augmenter la biodiversité grâce à des habitats variés (forêt, bocage, prairies…).

Ce complexe d’habitats a d’autres rôles grâce à la végétation herbacée (et les arbres aussi non) : zone d’expansion de crue, d’épuration de l’eau, de réserve et stockage de carbone ou de ralentissement de l’érosion des sols.

Les Conservatoires d’espaces naturels, tout comme d’autres gestionnaires, font le choix de valoriser ces pratiques ancestrales d’agropastoralisme afin de préserver la biodiversité de nos territoires qui a été façonnés à la fois par la Nature et par l’Homme.

Conservatoire et éleveurs combinent leur savoir-faire afin d’adapter au mieux les modalités de pâturage.

Depuis la fin des années 90, le CENCA a ainsi redéveloppé le pâturage sur les parcelles dont il a la gestion dans les marais de Saint-Gond, dont la Réserve naturelle régionale du marais de Reuves. Actuellement, il fait appel à des éleveurs locaux pour faire pâturer ces marais.

 

Ce savoir-faire aide à la conservation de notre patrimoine naturel tout en  maintenant une activité économique. En effet, cette activité en régression pour diverses raisons, est remplacée par d’autres activités agricoles (céréalières par exemple). En conséquence, cela entraine la disparition des prairies et donc la transformation de nos paysages. Ce constat s’observe en ex Champagne-Ardenne où 1/3 des prairies soit environ 108 000 hectares ont disparu entre 1989-2015 (source : Statistique Agricole annuelle année 2015).

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